Soirée sur les luttes ouvrières en Espagne (1970-1979) au CRAS à Toulouse, le vendredi 5 novembre 2021 de 19:00 à 23:30h

Échanges avec Arnaud Dolidier autour de son livre « TOUT LE POUVOIR À L’ASSEMBLÉE ! Une histoire du mouvement ouvrier espagnol pendant la transition (1970-1979) » sorti en 2021 aux éditions Syllepse. Lire la suite ici

19h : Accueil – Auberge espagnole
20h : Présentation du livre
vers 22h : Projection de trois documentaires sur cette période

CRAS 39, rue Gamelin 31100 Toulouse (métro Fontaine-Lestang)

Martín Arnal Mur 1921-2021

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Décès de Martín Arnal Mur, guérillero libertaire, collectiviste et antifasciste aragonais

C’est une triste nouvelle pour le mouvement libertaire et une perte incalculable pour la récupération de la mémoire historique d’Aragon. Martín Arnal a toujours été impliqué dans la diffusion de ses idées anarchistes et était l’un des rares témoins vivants de l’époque de la guerre de 1936. Il aurait eu 100 ans le 12 novembre. Il est décédé jeudi 21 octobre en France. Lire la suite sur le Blog de Floréal

Hasta siempre Compañero

Notre compagnon Martín Arnal, l’un des derniers acteurs et témoins de la Révolution espagnole de 1936, nous a quitté. Les compagnons de la CNT-AIT de Montauban qui ont été présents à ses côté jusqu’aux derniers instants lui rendent hommage.

Martín Arnal Mur est né le 12 novembre 1921 à Angües en Espagne. Jeune paysan aragonais et fils de paysan, très  peu scolarisé  mais d’une grande curiosité a appris très vite à  lire et écrire. Élevé  dans les valeurs de partage, de solidarité et de liberté  il devient vite  membre des jeunes libertaires dès 1936. Curieux de tout, aux contacts des athénées libertaires, il s’ouvre à tout événement culturel populaire. Théâtre,  musique, lecture,  histoire, etc. Ses frères aînés dans les « giras » de la CNT-AIT, les dimanches, lui montrent la voie. Il devient anarchiste et anarchosyndicaliste très  tôt.

Militant pacifiste et anarchiste il a en horreur la guerre et les armes. Et c’est bien malgré  lui qu’il se retrouvera plus tard en uniforme et portant une arme. Loin d’être  un « Guerrillero », Martín est un farouche défenseur  de la vie, et parce qu’anarchiste il s’affirme comme militant de la paix,

Mais l’histoire le rattrape avec les arrestations et les assassinats de ses deux frères ainés, fusillés  par les franquistes. – Jose mort le 23 aout 1936, Roman mort en février 1937-. Anti fasciste, et ardent défenseur de la liberté il va alors lutter et rentrer en résistance.

En juillet 1936, il participe à  la Révolution sociale qui éclate en Espagne [1] dans la « colectividad de Angües » et prône le Communisme libertaire : collectivisation des terres et des biens communs (troupeaux, matériel, récoltes), abolition de l’argent… autant de réalisations concrètes et non d’utopies…

A la rupture du Front de Huesca il bat en retraite et passera une première fois, en mars 38, les Pyrénées . Envoyé en convoi à  Angoulême  il s’évade  et à  pied regagne le Sud-Ouest pour rejoindre par la suite sa famille arrivée en  Catalogne espagnole. Puis avec la défaite, c’est la seconde « retirada » en 1939, On le retrouve dans le camp de concentration d’Argelès sur mer.

Après 4 mois Il en sort en intégrant la 180ème division compagnie de travailleurs étrangers CTE et est envoyé pour fortifier la ligne Maginot. Lors d’un bombardement en 1940 il s’évade et part de nouveau à pied rejoindre Lisle sur Tarn où  sont ses parents.

Là, il va travailler à l’organisation clandestine de la CNT-AIT [2], et rejoint, en 1942, la résistance sur le secteur Salvagnac Gaillac groupe 11 de la 7ème brigade des Guérilleros espagnols rattaché aux Forces Françaises de l’Intérieur. Il participera aux actions qui ont évité la présence allemande à Gaillac, et aussi, à la libération d’Albi en 1944.

En septembre 44 il part avec le 186 ème bataillon FFI participer aux opérations de pénétration organisées par la « UNE » ; en octobre 44, son groupe composé de 5 hommes basé à Saint Lary Soulans aura pour mission la surveillance et la reconnaissance du territoire frontalier, le passage ou l’exfiltration de guérilleros.

Il le dira bien plus tard: « Nous avons commis une seule erreur : notre participation à  la guerre au lieu d’assoir et confirmer l’œuvre de la révolution sociale. »

Dès  la fin de la guerre on le retrouve comme bûcheron, journalier agricole puis paysan  artisan maçon .Avec sa Compagne Angela, jeune Andalouse, qui sera de tous ses combats, il fonde une famille sans oublier sa terre natale. Il va alors consacrer ses efforts à la reconstruction de la CNT Espagnole en exil sur Toulouse (MLE-CNT de l’exil). Martín, sachant l’importance qu’il faut accorder aux faits, n’aura de cesse de lutter pour la justice et la vérité  historique loin des manipulations et des tentatives de réécriture partisanes. Il est un des co-fondateurs du Centre Toulousain de L’Exil Espagnol. Militant de la CNT-AIT, toujours du côté  des plus fragiles, la solidarité  et l’appui mutuel chez lui n’étaient pas de vains mots.

De retour en 1968 à  Angūes dans son village natal, il rentrera définitivement dans celui-ci après  la mort de Franco.

Depuis il concentra ses efforts quotidiens au travail de mémoire historique, ouverture des fosses communes afin de rendre justice et dignité  aux victimes assassinées. En 2018 il retrouve les restes de son frère Roman dans le cimetière de « los martires »à Huesca, 81 ans après son assassinat.

Mais Martín ne vivait pas que dans le passé.  Combien de fois intervenant en milieu scolaire, lieux alternatifs ou villages occupés, Martín par sa présence s’intéressant toujours à un autre futur, prenait tout son temps pour échanger avec la jeunesse. Au- delà  de son combat pour la mémoire, Martín a été un pédagogue convaincu portant aussi grand intérêt  à  la transmission.

Autodidacte érudit, il apprit très vite l’espagnol, l’aragonais le français l’occitan et l’espéranto. Par ses lectures incessantes – Martín depuis 1949 lisait et écrivait tous les jours après le travail – il enrichissait sa réflexion d’été humain engagé.

Martín a été aussi un homme qui aimait la rencontre et un passeur d’idées et de valeurs. Son regard sur le monde loin des idéologies, sa philosophie, nous ont donné une belle leçon de vie, humble et digne mais déterminée sans dieu ni maitre.

Martín était un « gran Compañero ».

Hasta siempre Martín !

Ses compagnons de la CNT-AIT de France

Bibliographie de Martín Arnal Mur :

Memoria de un anarquista de Angües 2009.2018 ed comuniter

Ecos de un lugar cualquiera 2018 ed comuniter

Sin romper el hilo de nuestra historia 2021 ed Zoila Acasibar

A lire aussi son interview donnée au Salto:

https://www.elsaltodiario.com/memoria-historica/entrevista-martin-arnal-habr%C3%ADa-matado-franco

[1] sur la Révolution espagnole cf.19 JUILLET 36, REVOLUTION SOCIALE ET VICTOIRE SUR LE FASCISME http://cnt-ait.info/2021/07/18/19-juillet-36-revolution-sociale-et-victoire-sur-le-fascisme/

[2] Sur la participation des anarchistes espagnolsà la résistance française et la reconstruction de la CNT-AIT espagnole en exil cf nos brochures « ANARCHISTES, PAS REPUBLICAINS … DES ANARCHISTES ESPAGNOLS EN RESISTANCE » ( http://cnt-ait.info/2021/01/10/anars-pas-republicains/) et notamment « 19 Juillet 1944 : EXILIO, première publication clandestine de la CNT-AIT espagnole en exil » (http://cnt-ait.info/2020/07/19/exilio/)

2e édition du Festival du film libertaire dans le Tarn/81

Affiche-Festival-du-film-Libertaire-2-Octobre-novembre-2021

Du 23 octobre au 18 novembre 2021 :

  • « Bienvenu à Gattaca ». Le Samedi 23 octobre à Moulayrès. 20h30. Animation : Célia (journaliste, membre du collectif Oblomof). 
  • « La jeune fille et le ballon ovale ». Le jeudi 28 octobre 2021 à 20h15 au café Jean Jaurès à Castres. Coanimation avec des membres du Planning Familial du Tarn (Le PF81 fête ses 10 ans) et avec des membres de l’équipe féminine de rugby à XV de Castres.  
  • « L’An 01 » de Gébé. Le vendredi 29 octobre à 20h30 au cinéma de Labastide Rouairoux. Animation : Claude Le Guerranic.   
  • « Libertarias ». Le dimanche 31 octobre à 15h au Café Plum de Lautrec.  – Animation: Franck Thiriot. 
  • « Sorry to bother you ». Le vendredi 5 novembre 2021 à 20h à Albi, au bar « Chez Charlie ». Animation : Sandy & Clément C. 
  • « Une histoire de la grève générale. De la Commune au Front Populaire ». Le jeudi 18 novembre 2021 à 20h30 au ciné de Carmaux. 
  • Organisation par ELAFF81 pour les joindre par courriel :
  • Si vous avez besoin d’un hébergement militant, faites signe en précisant les dates
Afficje-precise-festival-film-libertaire-2-automne-2021

Présentation/Débat de DISSIDENCES ALGÉRIENNES à la librairie Quilombo

Dissidences algériiennes _ Nedjib Sidi Moussa

Le mercredi 20 octobre 2021 à 20h00

Nedjib Sidi Moussa présentera Dissidences algériennes. Une anthologie, de l’indépendance au hirak (éditions L’Asymétrie) // dès 20h dans la librairie (23 rue Voltaire, Paris XIe, m° Rue des boulets ou Nation).

Le surgissement populaire de 2019 en Algérie a braqué les projecteurs, du moins pour un temps, sur une société en pleine effervescence, avide de justice et de liberté. Pourtant, le hirak ne constitue qu’une séquence, certes inédite à plus d’un titre, de l’histoire des luttes sociales et politiques qui ont jalonné la trajectoire de ce pays depuis sa sortie de la nuit coloniale. En effet, cette anthologie de textes souvent méconnus se propose de mettre en lumière grèves, émeutes, révoltes et débats tels qu’ils furent rapportés et animés par des individus ou groupes se réclamant du socialisme et opposés au régime militaro-policier. Qu’il s’agisse de l’autonomie de la classe ouvrière, de la reconnaissance de la culture berbère, de la séparation de l’Etat de la religion, de l’égalité entre les hommes et les femmes ou du bilan du combat anticolonialiste, les analyses et prises de position émanant de ces dissidences algériennes conservent une audace rarement égalée à ce jour.