5 octobre 2019 à 17h

La prison restreint le monde à des petits espaces. Corps imaginaires par Brigitte Brami

Octobre--B-Brami-phot

« Thérèse a vécu son corps comme entièrement aliéné à sa cellule, à la cour de promenade et aux petits espaces des parloirs, elle en est morte. Elle s’est pendue dans sa petite cellule. Sana souffrant de poliomyélite a déréalisé et réinventé son corps. Elle a, grâce à son imaginaire, réussi à agrandir sa cellule, la cour de promenade et fait fi des contingences, elle a survécu. Tout corps est imaginaire, quand il est enfermé, quand il jouit, quand il meurt. »

Après avoir parlé de son livre Corps imaginaires qui dresse le portrait de deux détenues à Fleury- Mérogis, dans l’Essonne, la réflexion principale de l’auteure sera le corps comme résistance à l’enfermement étatique.

Brigitte Brami est née en 1964 à Tunis et vit à Paris. Elle est tombée amoureuse de cette ville dans laquelle elle a bénéficié d’une très courte résidence d’auteure organisée par Peuple et Culture début 2019. Elle a été incarcérée à deux reprises à la maison d’arrêt pour femmes de Fleury-Mérogis en 2008 et 2013. Elle a écrit quatre livres dont la majorité a été rédigée soit en prison soit a été inspirée de ses séjours en détention. Spécialiste de Jean Genet, elle est également l’auteure de Miracle de Jean Genet (L’Harmattan, 2014, 197 pages, 19 euros). Corps imaginaires, publié aux éditions Unicité, dresse le portrait de deux détenues, Thérèse et Sana qu’elle a rencon- trées lors de sa dernière incarcération.

Sur Internet, une interview de Brigitte Brami : https://www.prison-insider.com/ressources/enquetes- reportages/la-prison-restreint-le-monde-a-des-petits-espaces

Corps imaginaires par Brigitte Brami. Unicité, 2019. 60 pages. 10 euros. Ce livre sera disponible au CIRA le jour de la causerie.

6 juillet 2019 à 17h

Le maquis limousin et la libération de Limoges : 1941-1944 par Christian Pataud

Juillet-2019-C-Pataud

Je suis né il y a bien longtemps à Saint-Léonard-de-Noblat, petit bourg du Haut Limousin qu’on appelle le plateau de Millevaches. À 17 ans, j’ai rejoint un groupe de maquisards FTP (Francs- tireurs et partisans) avec lequel mon père était déjà en relation.
À l’époque, j’ai vécu cela avec l’enthousiasme d’un jeune à peine sorti de l’enfance comme une aventure pleine d’imprévus. C’est des années après que j’ai analysé le contexte historique et politique de ce qu’on appelle la « Résistance ».
Le hasard et la chance ont fait que, quand je suis monté à Paris tout de suite après la Guerre, j’ai rencontré les animateurs de la revue La Révolution prolétarienne (Pierre Monatte, Alfred Rosmer…). Ils m’ont évidemment aidé à comprendre les événements que j’avais vécus et en même temps ils m’ont initié aux idées libertaires qui ne m’ont pas quitté à ce jour.
À 93 ans, Christian Pataud est toujours en forme. Il est l’un des animateurs de la BAM ! (Bibliothèque alternative de Malakoff (Hauts-de-Seine) où il participe à de nombreux débats. Après avoir fait revivre son expérience de résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il parle du Front populaire et de ses souvenirs d’enfant de 10 ans, puis il relate en cinq conférences l’histoire du mouvement ouvrier en France de 1830 à nos jours.
Le 30 août 2017, il passe sur France Culture dans l’émission Bibliothèque radiophonique française : fonds Christian Pataud.Il suit de près toutes les activités des centres de documentations et d’études libertaires.

8 juin 2019 à 17h

Agissez par vous même ! Kropotkine et l’actualité de l’anarchisme par Renaud Garcia

1886. Suite à un second exil en Angleterre, Pierre Kropotkine, figure de proue du mouvement anarchiste international, participe à la création du journal Freedom. En parallèle à de multiples autres travaux théoriques et activités militantes, il en sera pendant plus de vingt ans le contributeur principal. Le volume Agissez par vous-mêmes, publié en mars dernier, rassemble les articles écrits par Kropotkine pour Freedom, où le théoricien envisage l’organisation d’une société anarchiste à l’échelle de l’Angleterre. Dans un style direct et incisif, soucieux des questions concrètes, Kropotkine y rappelle les fondamentaux politiques de l’anarchisme, le défend face à ses pourfendeurs, expose ce que signifie véritablement le communisme et disserte sur le sens et la valeur du travail. Si ce livre, inédit en français, s’apparente à une introduction limpide aux idées anarchistes classiques, il conserve par ailleurs une surprenante fraîcheur au regard de la situation sociale actuelle en France, où nombre de Gilets jaunes font leurs, que cela soit conscient ou non, les idées présentées par le « prince de l’anarchisme ». Une invitation supplémentaire à venir en savoir plus puisque, aujourd’hui comme hier, avoir le courage d’agir par et pour soi-même en se méfiant des intermédiaires demeure la voie la plus sûre pour l’émancipation.

Agissez par vous-mêmes par Pierre Kropotkine ; avant-propos, traduction et notes de Renaud Garcia. Nada, 2019. 240 pages. 18 euros.

Renaud Garcia enseigne la philosophie en lycée. Il a consacré une thèse de doctorat en philosophie à Pierre Kropotkine. Il est l’auteur de plusieurs livres : Pourquoi tant de tolérance ? (Aléas, 2009), Léon Tolstoï contre le fantasme de toute puissance (Le Passager clandestin, 2013), Pierre Kropotkine ou L’Économie par l’entraide (Le Passager clandestin, 2014), Le désert de la critique : déconstruction et politique (L’Échappée, 2015), La nature de l’entraide : Pierre Kropotkine et les fondements biologiques de l’anarchisme (ENS, 2015), Alexandre Chayanov : pour un socialisme paysan (Le Passager clandestin, 2017), Le sens des limites : contre l’abstraction capitaliste (L’Échappée, 2018). Il est aussi membre du collectif de la revue Réfractions.

le 11 mai 2019 à 17h

Coopérateurs ? : les enfants des révolutions par Oliviers Houles

Pourquoi Antoine refuse-t-il de dénouer ce colis entouré d’un drapeau rouge ? Qui est ce Carlos dont
on murmure le nom à l’ombre des bouches ? Venez revivre l’incroyable aventure du mouvement
coopératif à travers l’histoire de ces deux hommes que tout semble opposer.

Chacun à sa façon, ils vont mener des révolutions, affronter leurs peurs, grandir sous les bombes de la
guerre d’Espagne, errer en héros anonymes durant la Seconde Guerre mondiale, franchir des frontières,
espérer la haine et l’amour et dépasser l’utopie pour découvrir un monde égalitaire, entreprenant et
fraternel.

Avec son roman Vous n’en avez pas fini avec le bonheur Olivier Houles fait revivre l’étrange destin de cette
économie solidaire méconnue, centrée sur les coopérateurs. Les «petits hommes» comme ils
s’appellent eux-mêmes. S’enracinant dans la Révolution française, s’émancipant en 1848 et au cours du
XIXe siècle, le mouvement coopératif raconte la bataille pour l’égalité des hommes et… pour le
bonheur !

« Et là-dessus, il pointa son fusil sur nous. Pourtant, aux portes de la ville, tout le Levant était en marche, sifflant,
soulevant la poussière et semant au passage les graines de la collectivisation… »

Si Olivier Houles a souhaité placer le début du roman durant la guerre d’Espagne, c’est parce que cette
bataille fut aussi celle des idées et que, selon lui, elle fut le point d’orgue des mouvements anticapi-
talistes dont la coopération est une branche pacifiste.

Olivier Houles est le directeur de la Fédération des caves coopératives des Bouches-du-Rhône.

Vous n’en avez pas fini avec le bonheur par Olivier Houles. Le Petit homme et la république coopérative,
2018. 298 pages. 14,90 euros.

Ce livre sera disponible au CIRA le jour de la causerie.

le vendredi 5 avril 2019 à 19h 30

La trilogie de Jean-Charles par Daniel Villanova

Voici donc réunis en un seul volume les trois textes les plus directement polémiques de ma production de ces dernières années. Ils ont accompagné trois moments forts de notre histoire récente. Moments cruciaux à l’occasion desquels j’ai décidé de faire entendre ma voix : l’élection présidentielle de 2012; les projets d’exploitation de gaz de schiste par fracturation hydraulique en 2013; et l’élaboration rampante dans les sombres cabinets européens du Traité de libre échange transatlantique (Tafta), pour ce qui est de 2015. Jugeant que le rire et la dérision avaient leur mot à dire sur ces sujets, je les ai portés sur la place publique de Bourougnan, et, partant, sur les tréteaux de nombreuses villes. J’ai ainsi affirmé à ma façon que le théâtre et l’humour avaient encore « droit de cité », et qu’ils pouvaient être autre chose qu’un simple divertissement destiné uniquement à huiler les rouages de la machine à décerveler, et à maintenir l’ordre en place.

Que les éditions Un Jour/Une Nuit de José Nuyts et Jacky Giornal, choisissent de présenter cette trilogie le 1er mai 2018, en plein cœur du 50e anniversaire des événements de Mai 68 me comble d’aise. C’est une façon heureuse d’affirmer : « 50 ans, déjà, nous revoilà ! ». Un pied de nez à l’esprit de soumission. Bonne lecture ! Daniel Villanova

Daniel Villanova est humoriste, acteur et auteur. Depuis les années 1980, il produit ses propres spectacles en solo, interprétant tous les rôles, masculin et féminin, enracinés dans son Languedoc natal dans le village imaginaire de Bourougnan. À travers ses personnages, il exprime une révolte profondément libertaire contre une société déshumanisante et inégalitaire.

La trilogie de Jean-Charles par Daniel Villanova. Un jour/Une nuit, 2018. 223 pages. Réunit : « Jean-Charles président »; « La croisade des Rabat-Joie(No gazaran!) »; « À l’abordage ». 25 euros

Ce livre sera disponible le jour de la causerie.


le samedi 16 mars 2019 à 17 heures

« I Comitati Pro Vittime Politiche d’Italia » à Marseille dans l’entre-deux-guerres : histoire d’une organisation anarchiste en exil par Françoise Fontanelli Morel

La solidarité, l’entraide sont au cœur du mouvement anarchiste italien au point que l’on a pu penser que l’œuvre d’assistance des Comités Pro Vittime Politiche était centrale. Toutefois, du fait de leur rayonnement, de leur diffusion sur le territoire européen et Outre-Atlantique, de par les liens qu’ils se sont efforcés de maintenir entre les militants dispersés et le mouvement anarchiste dans la péninsule et à l’étranger, ainsi que pour le tissu connectif qu’ils ont recréé en exil, ces comités sont allés bien au-delà de l’assistance. Ils ont été la véritable colonne vertébrale du mouvement.

Les premiers comités d’assistance anarchiste apparaissent en Italie dès la fin de l’année 1919. Ces structures d’assistance ont été transférées en France, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg et aux États-Unis assurant ainsi la continuité du mouvement sans interruption dans l’activité des groupes. Plusieurs de ces comités se sont illustrés à Marseille durant l’entre-deux-guerres : le Pro Figli dei Carcerati Politici entre 1925 et 1928, le Pro Vittime Politiche della Sicilia en 1925-1926, le Pro Cociancich e Fornasari en 1932-1934 et le Comité Anarchico Pro Vittime Politiche de Marseille entre avril 1938 et août 1940.

Tous ces comités semblent avoir fonctionné sur le même mode et partagé des caractéristiques communes. Par ailleurs, la rareté des sources liée à la clandestinité du mouvement ne permet pas toujours de reconstituer l’activité et le fonctionnement de ces comités, ni même d’identifier tous ses membres. L’étude du Comité Anarchico Pro Vittime Politiche entre 1938 et 1940 dont la survie financière repose essentiellement sur les dons de militants permet de démontrer comment circulent les hommes, l’argent et les idées au sein du mouvement libertaire italien en exil. Comité particulièrement actif, il éclaire le fonctionnement des autres comités et met également au jour une organisation clandestine très structurée, véritable réseau d’entraide et d’assistance se déployant localement mais aussi au-delà avec des intermédiaires dans le sud-ouest de la France et des sources de financement provenant de l’étranger.z

En 2016, à Aix-en-Provence, Françoise Morel Fontanelli a soutenu une thèse intitulée Pio Turroni et mouvement anarchiste italien en exil en France durant l’entre-deux-guerres : de l’engagement individuel à la mobilisation collective. Françoise Morel Fontanelli est membre associée de l’UMR TELEMME, laboratoire de recherches dépendant de l’AMU-CNRS (Aix-en-Provence).


Le samedi 9 février 2019 à 17 h

Les luttes autonomes dans l’Espagne des années 1970 : quelle histoire pour quelles luttes?, Causerie de Joni Melavo (traducteur)

Grèves générales, comités d’usines, mutineries dans les prisons, mobilisations massives face à la répression, apparitions de groupes autonomes au sein des conflits et prise en main de la vie de quartier ; le moins que l’on puisse dire, c’est que les années 70 ont été mouvementées en Espagne.
Petit plus, ces luttes avaient dans leur ensemble développé une méfiance bien sentie envers toute représentativité. La solidarité, l’auto-organisation et l’action directe étaient alors opposées aux tentatives de récupération ou de prises de pouvoir menées par les partis et les syndicats.
À tel point qu’il faudra cinq bonnes années au nouveau régime démocratique pour liquider ces aspirations au potentiel révolutionnaire.

C’est cette époque et ce mouvement peu connus en francophonie que le livre Le pari de l’autonomie nous donne enfin à connaître.
En partant de ce recueil de textes et de témoignages, nous pourrons réfléchir à ce que ces luttes peuvent nous apporter aujourd’hui. Voir en quoi l’autonomie des luttes garde toute son actualité pour qui veut se défaire de tout pouvoir. Questionner les organisations formelles (même libertaires). Et encore bien d’autres choses. Mais dans tous les cas, penser comment la réappropriation de « notre » histoire des luttes peut nous servir pour nos combats actuels et à venir.

Le pari de l’autonomie : récits de lutte dans l’Espagne des années 70. Éditions du Soufflet, 2018. 304 pages. 7,50 euros. Ce livre sera disponible au CIRA le jour de la causerie.


samedi 12 janvier 2019 à 17 h

Des laboratoires du nucléaire à la guerre généralisée au vivant : le monde comme projet Manhattan, Causerie de Jean-Marc Royer

Début août 1945, le monde, fasciné, découvre la puissance du feu nucléaire. Les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, deux villes choisies dans le but « de causer le maximum de dégâts et de pertes en vies humaines », est l’aboutissement inévitable du projet Manhattan. Initié et mené dans le plus grand secret, ce dernier a réuni quatre années durant la fine fleur de la science internationale, les industries de pointe étatsuniennes (de Monsanto à Westinghouse) et la puissance de l’État adossé à son armée. Retraçant en un récit haletant et solidement documenté l’histoire secrète de ce projet, Jean-Marc Royer montre comment la recherche d’une « solution finale » y prit vite le pas dans les esprits sur toute considération humaine.
Or le projet Manhattan est le strict contemporain d’une autre entreprise de mort massive, celle qui culmine à Auschwitz-Birkenau. La thèse au cœur de ce livre est que ces deux moments (Auschwitz et Hiroshima) sont les « points de bascule » d’une histoire inaugurée un siècle plus tôt dans l’alliance entre le mode de connaissance scientifique, le capitalisme industriel et les États-nations modernes, qui a débouché sur les premières lois eugénistes et les massacres de la Grande Guerre. Ces « secrets de famille » de l’Occident sont l’origine refoulée de la guerre généralisée au vivant que mène le capitalisme depuis l’après-guerre.
L’auteur en appelle à l’élaboration d’une théorie critique radicale pour que, levant le voile du refoulement, nous puissions faire face ce qui menace désormais toute vie sur Terre.

Jean-Marc Royer est ingénieur spécialisé en aviation civile. Il a étudié aussi l’histoire. Il est l’auteur de La science, creuset de l’inhumanité (L’Harmattan, 2012) et d’une dizaine d’articles sur la catastrophe nucléaire de Fukushima dont « Quinze thèses sur le nucléaire » (Écologie et politique — revue des Presses de Sciences-Po, 2013).
Le monde comme projet Manhattan : des laboratoires du nucléaire à la guerre généralisée du vivant par Jean-Marc Royer. Le Passager clandestin, 2017. 345 pages. 19 euros. Le livre sera disponible au CIRA le jour de la causerie.


samedi 15 décembre 2018 à 17 h

Le Grand Soir dans l’imaginaire libertaire, Causerie de Aurélie Carrier

« Bientôt les ténèbres traversées de flammes du Grand Soir couvriront la terre. Puis viendra l’aube de joie et de fraternité » (Adolphe Retté, 1899)

À l’automne du XIXe siècle, l’attente du Grand Soir exprime la conviction des libertaires – partagée par une partie du mouvement ouvrier – de la nécessité d’un bouleversement violent et d’une transformation radicale de l’ordre social existant pour mettre fin à toutes les dominations. Cette croyance en l’éclosion à brève échéance d’un monde entièrement régénéré grâce à la révolution sociale victorieuse, qui tient du romantisme révolutionnaire et de l’élan millénariste, est caractéristique de la mythologie libertaire. Une vision insurrectionnelle du changement social qui ne manquera pas d’influencer le syndicalisme révolutionnaire et qui s’épanouit à la faveur des projets de grève générale du xxe siècle naissant.
Rêve programmatique, parabole de la promesse révolutionnaire, le Grand Soir est une figure d’explication globale qui suscita une série d’images fortes, d’horizons grandioses…
Un mythe mobilisateur dont la force réside dans sa capacité à faire le lien entre la perspective révolutionnaire et les luttes concrètes. Aussi convient-il de discuter de la fonction sociale précise et de l’efficacité de cette « formule magique », ainsi que de ses limites et contradictions.
Repérer l’influence d’une telle construction imaginaire sur les pratiques sociales permet de questionner l’espace des possibilités entre la réalité sociale et ses représentations, et de s’interroger sur la puissance opératoire des rêves en politique.
Aurélie Carrier est titulaire d’un master 2 d’histoire contemporaine, elle est correctrice de presse pour plusieurs titres, quotidiens et hebdomadaires. Le Grand Soir est son premier ouvrage.

Le Grand Soir par Aurélie Carrier. Libertalia, 2017. 238 pages. (Ceux d’en bas). 16 euros. Ce livre sera disponible au CIRA le jour de la causerie.

samedi 13 octobre 2018 à 17 h

L’Ordre contre l’Harmonie. Causerie de Charles Macdonald

L’ethnologie, ou l’anthropologie, en tant qu’étude de formes différentes de vie collective, peut-elle jouer un rôle de critique sociale ?
Charles Macdonald, auteur d’un ouvrage intitulé L’Ordre contre l’Harmonie (Éditions Petra, 2018, 336 pages, 25 euros. Disponible au CIRA le jour de la causerie) pense que oui. Dans cet ouvrage Charles Macdonald avance que Homo sapiens a vécu sous deux régimes fondamentalement opposés de vie collective. L’un est anarchique et grégaire (il n’y a pas de pouvoir mais une cohésion qui vient d’ailleurs), l’autre est hiérarchique et « social » (il y a du pouvoir et la cohésion en dépend principalement).

C’est dans ces termes que l’auteur développe un modèle attesté par des applications historiques, ethnographiques et sociologiques concrètes (notamment Cosaques, pirates, Inuit, Palawan, communautés hippies et post-catastrophiques) dont le nombre et la variété infinis au cours de l’histoire récente et ancienne démontrent l’existence universelle dans notre espèce d’une aspiration anarchique. L’anthropologie de cette façon valide et prolonge les idées des penseurs et militants anarchistes.

On abordera aussi d’autres thématiques, celle de la violence collective et celle du rôle évolutionnaire de la coopération, thématiques qui sont au fondement d’une théorie des organisations anarchiques et sociales.